Luz y Sombra

Luz y sombra, lumière et ombre. J’ai grandi, j’ai vieilli, la fin de la jeunesse est passée. Tant mieux ?

Le dinosaure

Je suis pleine de tristesse aujourd'hui. Le soleil n'y fait rien. Au contraire; il accroit ma peine, il la met en lumière. Tout est terne au soleil de midi. Terne et cru à la fois. La poussière vole dans les rayons blancs, multitude d'insectes étouffante. Multitude aux relents bibliques. Les taches sur les meubles sont poisseuses; thé, café, sucre, restes de nourriture. L'évier n'est que calcaire et mes cheveux sont gris. Tout est terne avant 17h30. Et puis. Et puis après, tout resplendit. Dans la lumière dorée, la poussière disparait, les taches s'évanouissent, l'évier brille (...)

Et rejoindre la liste des amants inachevés. (Première partie)

L'incompréhension et la colère du rejet. Ce n'est pas mon coeur qui souffre, c'est mon égo. Ca fait moins mal à long terme mais c'est plus vif sur le coup. 03/03/21 Il me dit, comme je l'avais pressenti, qu'en fait demain il ne pourra pas me voir. Mais qu'il aimerait bien qu'on se voit quand même 30 minutes ou une heure, tôt le matin. Car c'est vrai, il pense, qu'il faut qu'on parle de quelque-chose d'important. Je lui réponds qu'il s'imagine bien que je ne vais pas sortir de chez moi aux aurores pour me faire jeter. Qu'il n'à qu'à m'écrire ce qu'il à me dire. S'ensuit tout un (...)

Le sang(-papier)

Pas d'alcool. Plus de café. L'ennui. C'est le dernier jour de février. Tant mieux. Je n'affectionne pas particulièrement ce mois. Je le trouve trop court. J'aime les mois longs. Ceux où il y a beaucoup de jours. Qui donnent l'impression que la vie est longue. Février me rappelle trop, par sa fugacité, que la vie n'est pas longue en fin de compte. Hier, Fany est passé à la maison. On a parlé d'Alejandro. C'est triste et morne, cette idée que c'est surement fini. Ces journées à l'hôtel, finies. Cet érotisme enivrant, fini. Ces rencontres attendues impatiemment et ce sexe (...)

La mère

Quand j'avais 15 ans, ma mère me tannait pour que je lise La mère, de Pearl Buck. Bien entendu, il en était hors de question. Tout ce que me suggérait ma mère, je le rejetais avec la méticulosité d'un horloger. Dans un effort méthodique, constant et je dois dire efficace pour m'affranchir et m'affirmer. Elle m'avait même conseillé d'en parler à ma professeure de français, Madame J. que j'idolâtrais et qui me rendais assez bien l'admiration que je lui portais. (J'étais sa meilleure élève). Pensant que si la suggestion venait d'elle, j'accepterai alors de me lancer dans la (...)

Frida Kahlo

Ca y'est, j'en sais plus sur mes poignets. Et ce n'est pas une entorse. Non. Quand j'ai glissé sur cette plaque de verglas mercredi 10 février, et que je suis tombé avec cette violence inouïe qui m'a fait vomir, je me les suis cassé. Cassé. Moi qui suis masseuse et dont les mains sont les précieux outils de travail. Cassé. Cassés, mes poignets. Mes radius plus précisément. J'ai appris ça l'autre soir, après avoir passé un scanner, une semaine après ma chute. Il existe une symétrie en toute chose, c'est fabuleux: je me suis cassé les deux radius au même endroit. Comme ça pas (...)

L'Amante (troisième et dernière partie)

Qu'est ce que la déconstruction ? C'est l'acte de déconstruire tout ou une partie de ce sur quoi on a bâti notre identité, notre personnalité, notre idée de nous même. C'est démonter, pièce par pièce, le personnage que l'on a créé afin de révéler, à soi et au monde, l'être que l'on est vraiment; libéré de la prison qu'on a érigé autour de soi, à grands renforts de convictions, de fausses croyances et d'injonctions en tout genre. C'est s'affranchir de "la cage mentale" (Expression de Wendy Delorme dans Insurrections! En territoire sexuel, que je n'ai pas lu mais dont j'ai (...)

L'Amante (deuxième partie)

16/01/21 (suite) La chambre est froide. Les rideaux tirés. Une neutralité dont Edward Hopper se serait emparé. C'est plutôt une suite; une salle à manger/salon/cuisine avec un petit canapé rouge et, séparée par une verrière, une chambre que j'ose à peine regarder. Un lit que je n'ose pas voir et qui me rappelle pourquoi je suis là, pourquoi je l'ai emmené lui, dans ce temple des amours anonymes. On enlève: bonnets, masques, gants, manteaux, chaussures et écharpes. C'est tout pour l'instant. Je propose un thé. Il y a une machine à thé. On s'assoit à la petite table. Je sais (...)

L'Amant(e)

Je rêvais de l'Amant, du Mekong, du soleil. De l'amour l'après-midi dans une garçonnière de Saigon. Je rêvais de l'Amant et finalement l'amant c'est moi. Je n'ai jamais pensé que ça m'arriverait. Que c'était fait pour moi. Que j'étais faite pour ça. Imaginé oui. Je l'ai imaginé; une pointe d'excitation dans le ventre et du découragement dans la tête à l'idée de tous les soucis que ça engendrerait: les mensonges par omission, la dissimulation, le temps qu'il faut trouver, les messages envoyés à la va vite... Pas fait pour moi. Mais l'année, terriblement longue et ennuyeuse, (...)